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Le musée Clemenceau - Actualités

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L'Histoire « révélée », un tour de bonimenteurs

 

Il y a deux façons d'écrire l'Histoire, celle des historiens et celle des bonimenteurs. Les premiers s'échinent sur des sources, les comparent et, après un long travail, établissent ce qui se rapproche le plus du vrai sur un sujet donné. Les bonimenteurs, eux, ne se donnent pas tant de peine. Partant du principe que l'Histoire des historiens est prisonnière des idées reçues, ils ne tendent à rien tant qu'à « dévoiler » une vérité souterraine, occultée, « interdite », qui met en miettes la vérité « officielle ».

Un soir de novembre dernier, France 3 présentait un documentaire intitulé « Clemenceau contre la paix », dû à Franck Ferrand, auteur par ailleurs d'une « Histoire interdite » qui se vante d'offrir des « révélations sur l'histoire de France ». Eh bien vrai ! on en a appris de bonnes. On nous a raconté que Georges Clemenceau était un « nationaliste effréné », un « belliciste d'une dureté incroyable », et qu'à cause de cela il avait refusé une paix avec l'Allemagne qui aurait épargné des centaines, voire des millions de vies humaines. Un ramassis de contre-vérités qui le disputent à la mauvaise foi.

Loin d'être l'enragé dépeint par les auteurs du film, Clemenceau a fait la preuve à plusieurs reprises d'une modération qui déplaisait fort à la presse chauvine et belliqueuse de son temps. Nullement « revanchard », il avait avant tout le souci, depuis 1905, d'éviter que son pays ne soit rayé de la carte. Lorsqu'il fut rappelé au pouvoir, en novembre 1917, il fit la guerre, certes, farouche, volontaire, décidé à vaincre, mais avec le souci de rester de plain-pied avec les combattants, visités sans relâche par lui dans les tranchées. Lorsque les Allemands et leurs alliés demandèrent l'armistice, Clemenceau exprima, le 7 octobre 1918, sa conviction, au cours d'une conférence avec les Alliés : « Je dois dire que mon désir est de demander ce qui est nécessaire et pas davantage. Il ne faut pas qu'on puisse nous reprocher d'avoir par des exigences excessives prolongé la guerre et fait tuer des centaines de milliers d'hommes. J'ai demandé à Foch d'y réfléchir… »

Pour le président de la République Raymond Poincaré, la demande d'armistice faite par l'Allemagne, l'Autriche-Hongrie et la Turquie est « impossible à discuter tant que l'ennemi occupera une partie quelconque de notre territoire ». Tel n'est pas l'avis de Clemenceau. Nullement jusqu'au-boutiste, conscient de la fatigue des troupes, désireux de ne pas voir se prolonger un conflit déjà interminable, il ne veut pas laisser échapper une chance de paix. Le responsable de l'émission ose dire que Clemenceau « aimait la guerre », en lui imputant le vœu de la continuer, qui n'était pas le sien mais celui, entre autres, d'un général Pershing s'opposant, en date du 30 octobre 1918, « à un armistice qui priverait les Alliés d'une victoire complète ».

Clemenceau s'est clairement exprimé sur son attitude, qui lui avait valu une polémique avec Poincaré, auprès de Jean Martet : « Je me serais cru déshonoré si j'avais fait durer cette guerre un jour de plus qu'il n'était besoin. J'ai fait la guerre à fond pour la faire durer le moins possible. Aux premières demandes d'armistice j'ai failli devenir fou… fou de joie !… C'était fini ! J'avais trop vu le front, moi. J'avais trop vu de ces espèces de trous pleins d'eau où des hommes vivaient depuis quatre ans. Le premier qui est venu me dire : "Les Boches n'en peuvent plus ; ils demandent la paix"…, je lui aurais sauté au cou, en pleurant. »

Tel est celui qu'une chaîne publique de télévision a voulu faire passer pour un va-t-en-guerre débridé. J'y vois deux penchants bien actuels. Primo, un amateurisme prêchant d'autorité contre les professionnels : un filon médiatique à base de sensationnalisme, autrement excitant que la mise en scène des faits établis par des générations de chercheurs. Secundo, une tendance à déboulonner les « grands hommes » - cette engeance odieuse à nos convictions égalitaires.

Michel de Montaigne disait de la grandeur : « Puisque nous ne pouvons l'atteindre, vengeons-nous à en médire. »

MICHEL WINOCK

HISTORIEN

L'Histoire « révélée », un tour de bonimenteurs
  http://www.sudouest.fr/2011/12/12/l-histoire-revelee-un-tour-de-bonimenteurs-578694-4670.php
Les kogos de Clemenceau au Musée des Beaux Arts de Montreal

RE DEA COLLECTION DU MUSÉE /

Boîte à encens, Kogo, Japon

 

JAPON, boîte à encens (k?g?) (détail), fin de l’époque Edo (1615-1867), XIXe s.
MBAM, don de Joseph-Arthur Simard

Ce magnifique kogo en forme de courge allongée portant une petite galle sur le côté appartient à un groupe de quelque 3000 boîtes à encens de la collection de Georges Clemenceau (1841-1929), figure politique marquante du début du XXe siècle. L’industriel montréalais Joseph-Arthur Simard s’est porté acquéreur de la collection et en fait don au Musée en 1959. Sa raison d’être tient au regain d’intérêt pour l’art japonais en Europe à la fin du XIXsiècle – tendance qui prendra le nom de japonisme.

Au Japon, les kogo sont étroitement associés à la cérémonie du thé ; ils renferment les substances aromatiques que l’on fait brûler pour purifier l’air durant la cérémonie. Dans les cercles de thé, ils sont appréciés en fonction de leur provenance et de leur association à des formes et des styles précis. Lorsque les boîtes à encens font leur apparition en Occident après l’ouverture commerciale du Japon en 1868, le rituel cède à une appréciation purement esthétique. À l’instar de nombre de ses contemporains, Georges Clemenceau voit en les kogode petites boîtes de luxe et se les procure d’une manière compulsive auprès d’amis, de marchands et lors d’enchères, sans se soucier de leur origine. Grâce à sa passion, le Musée possède la plus importante collection de boîtes à encens de l’époque Edo au monde.

Les kogos de Clemenceau au Musée des Beaux Arts de Montreal
  http://voir.ca/bigbang/2011/12/08/marie-chouinard-danse/
la Fondation Pierre LAFUE récompense Alexandre DUVAL STALLA pour son roman intitulé "Claude Monet-Georges Clemenceau : une histoire, deux caractères"

 

Le 35ème prix de la Fondation Pierre LAFUE a recompensé Alexandre DUVAL STALLA pour son roman intitulé "Claude Monet-Georges Clemenceau : une histoire, deux caractères" paru en octobre 2010, dans la collection L'infini, aux éditions Gallimard. 

Alexandre DUVAL STALLA est avocat. Il est l'auteur d'un biographie croisée sur André Malraux et Charles de Gaulle parue dans la collection L'Infini, aux éditions Gallimard en 2008.

Le prix a été remis officiellement le 23 novembre 2011. 

la Fondation Pierre LAFUE récompense Alexandre DUVAL STALLA pour son roman intitulé "Claude Monet-Georges Clemenceau : une histoire, deux caractères"
  http://www.fondationpierrelafue.org/Projet/prix_de_lannee.html
Clemenceau américain, journaliste et épistolier par Sylvie Brodziak

 

Sylvie Brodziak - maîtresse de conférences (HDR) en Littérature et Histoire des idées à l’Université de Cergy- Pontoise ( UFR des Lettres et Sciences Humaines) - a publié en 2011 un article abordant la carrière de Georges Clemenceau en tant que journaliste aux Etats-Unis, de 1865 à 1870.

Pour voir le texte intégral : http://www.medias19.org/index.php?id=291


 

Clemenceau américain, journaliste et épistolier par Sylvie Brodziak
  http://www.medias19.org/docannexe/file/291/brodziak.pdf
Journées du Patrimoine 2011 2011

Le Musée Clemenceau vous accueillera gratuitement à l'occasion des Journées du Patrimoine :

le samedi 17 et dimanche 18 septembre 2011,

de 14h à 17h30

 

Compte-tenu de l'affluence constatée l'année dernière, nous ne proposons pas de confèrence cette année. La visite de l'appartement de Clemenceau et de la Galerie Documentaire sera libre.

Journées du Patrimoine 2011
 
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