HISTOIRE DE LA Fondation DU musée Clemenceau

8, rue Benjamin Franklin

 

L’appartement de Georges Clemenceau a ouvert ses portes au public dès le 29 novembre 1931, deux ans seulement après la mort du Tigre, survenue dans sa chambre le 24 novembre 1929.

Il y vivait depuis 1896, mais n’était que locataire. En mai 1926 James Stuart Douglas, un mécène américain, apprenant que le Tigre, alors âgé de 85 ans, risquait de devoir déménager (l’immeuble venait d’être mis en vente dans son entier par adjudication) s’en rendit acquéreur par l’intermédiaire de son agent à Paris, Henry Seldon Bacon, contrecarrant les projets d’agrandissement du collège Saint-Louis de Gonzague contigu.

A la mort de Georges Clemenceau, Bacon créa une fondation (la « Fondation le musée Clemenceau ») qu’il dota de l’immeuble et dont l’objet social reste, aujourd’hui encore, de perpétuer le souvenir intime de Georges Clemenceau en conservant l’appartement dans l’état où il se trouvait le jour de son décès et en recueillant dans l’immeuble tout livre ou objet propre à servir sa mémoire

Les trois enfants de Clemenceau, Madeleine, Thérèse et Michel, acceptèrent de laisser dans l’appartement l’essentiel du mobilier, des tableaux et des objets qui s’y trouvaient, et en firent donation à la Fondation

Celle-ci est depuis lors dirigée par un Conseil d’administration, longtemps composé de membres de la famille de Georges Clemenceau (son fils Michel en fut un temps le président d’honneur, sa nièce et sa petite-nièce se succédèrent comme présidentes jusqu’en 2015), de proches collaborateurs du Tigre (Jules Jeanneney, le général Mordacq), et d’amis intimes comme Marguerite Baldensperger et Nicolas Piétri. Si ce recrutement reste prégnant (le Conseil compte dans ses rangs un arrière-petit-fils et une arrière petite-nièce de Clemenceau et Jean-Noël Jeanneney, petit-fils de Jules Jeanneney, en est aujourd’hui le Président), une réforme des statuts a favorisé en 2006 l’entrée au Conseil de personnalités dites « qualifiées » (historiens pour la plupart) en même temps que l’administration du Musée, longtemps bénévole, se professionnalisait.

L’appartement de Georges Clemenceau et le jardin furent classés Monument Historique en 1955. C’est sous l’égide des services spécialisés du ministère de la Culture que, depuis lors, la Fondation procède, dès que ses moyens le lui permettent, à des restaurations dont le coût excède les revenus, aléatoires, de l’immeuble.

Le vestibule et le cabinet de travail de Clemenceau furent restaurés à l’identique en 2015, après lancement d’une souscription publique et avec l’aide de différents ministères et de mécènes privés. Restent à remettre en valeur la chambre à coucher, la salle de bain, la bibliothèque et la salle à manger, dont le dernier chantier de réfection date des années soixante.

Une galerie documentaire fut inaugurée le 19 mai 1937, à l’étage au-dessus. Elle présentait jusqu’à récemment sa vie et son action politique de façon chronologique à travers une riche documentation, abritée dans des vitrines fournies à l’époque par de grands musées (dont le Louvre) et mises en dépôt par l’administration des Beaux-Arts.

Pour marquer le centenaire de l’arrivée au pouvoir du Tigre en novembre 1917, comme président du Conseil et ministre de la Guerre, la Fondation a mené à bien en 2017 une rénovation complète de sa galerie documentaire, avec une muséographie complètement renouvelée, selon une scénographie moderne.